Envie de revenir dans la blogosphère, oui mais, en fait, je n'ai jamais eu envie de la quitter. Je n'ai pas pu y venir. Oui, j'ai été absente de la blogosphère car,
tout simplement, absente de ma vie. J'ai retrouvé un texte qui aurait du être posté cet été avant ou après les vacances. Inachevé, je vais donc le terminer.
Il y a quelques semaines, deux mois peut-être.....tout ce dont je suis sûre c'est que c'était un samedi matin. Je n'avais pas fermé l'oeil de la nuit, ce qui
m'arrive de temps à autre. A 5H du mat j'ai pris un imovane (c'est un hypnotique), je me suis recouchée avec le doux espoir de dormir quelques heures, que nenni!
Je me suis relevée vers 7H pour arrêter le flux de pensées qui m'assaillent lors de mes insomnies. J'ai pris un petit déj, tranquille, ai trainé un peu et vers 8H
et demie je me suis recouchée après avoir pris un xanax 0,50. Ô sacrilège !!! mais n'allons pas trop vite, je vais m'en expliquer.
J'ai pu dormir quelques heures. Je me réveille, essaie de me lever et me vautre face la première sur un sol jonché de médicaments ( que je ne range pas souvent,
j'avoue), de livres, il y avait aussi le téléphone. Je me souviens bien de ce coquin,qui, de façon sournoise tentait une incursion dans mon gril costal.
J'ai attendu qu'il y ait du mouvement près de la chambre pour taper dans le mur. Help !!! Ma fille a ouvert la porte et m'a demandé s'il fallait appeler papa, ben
oui! Monsieur est parvenu à me relever et le vrai cauchemar a débuté à ce moment.
J'étais totalement paralysée au niveau des jambes et avais une hypotonie massive. Lors de la mise en position assise je tombais tête la première comme une poupée de
chiffon.
J'ai pu relater, je crois, ma nuit en constatant que j'avais un manque du mot. Je parvenais à construire mes phrases mais ne trouvais pas un mot ou en disait un
autre commençant par la même lettre ou ayant la même sonorité ou encore ayant un lien avec celui que je ne trouvais pas.
Mon mari dut me porter, je ne suis pas lourde mais j'étais un véritable poids mort donc dur....d'autant plus que je dois monter trois marches en sortant de ma
chambre pour accéder aux autres pièces.
Le soir je parvenais à « marcher » avec beaucoup d'aide et le lendemain matin même scénario mais je récupérais de plus en plus tôt dans la soirée.
Cela a duré 4 jours. J'ai pu descendre avec de l'aide le troisième jour. Mais persistait ce manque du mot.
Par ailleurs, amnésie quasi totale du week-end. Le dimanche soir ou peut -être le lundi, j'ai demandé de nombreuses fois à mon mari, à ma fille aînée de me raconter
les deux derniers jours. J'ai fini par reconstituer ce we grâce à eux. J'avais quelques bribes de souvenirs qui m'ont aidée aussi, je crois. Difficile à dire car comment faire pour dissocier les
souvenirs rapportés de mes propres souvenirs.
Je noircis le tableau car en fait on s'est éclatés comme des fous avec ce nouveau jeu: je débutais une phrase, cherchais un mot et à ce moment, j'avais droit à des
propositions diverses. Et tout le monde participait sans se faire prier! Je pense que ma famille doit s'entraîner encore car le mot que je cherchais n'était jamais trouvé, des synonymes mais
jamais MON mot. C'était exaspérant!!!. J'ai pu avoir une conversation fluide au bout d'une petite semaine. Parfois je ne disais pas le mot voulu, mais, avec un peu d'entraînement je suis vite
parvenue à le remplacer par un synonyme et cela passait inaperçu mais n'était pas sans m'énerver.
C'est lors de cet épisode que j'ai vraiment compris ce qu'était la "perplexité anxieuse ». Mon amnésie, mon « manque du mot » m'ont laissée
rapidement très perplexe. L'anxiété s'est ensuite jointe à cette dernière. Rien de plus anxiogène que l'incompréhension, pour moi, en tout cas.
Le 4ième jour j'ai vu ma neurologue, consultation programmée de longue date mais qui tombait à pic.
J'aime beaucoup ma neurologue. Quoi ??? je ne vais pas dire du mal d'un médecin !!! oulala ceci prouve bien que je n'ai pas récupéré intégralement ;-).
Mon mari m'a accompagnée à cette consultation pour m'aider physiquement et surtout relater les faits ce qu'il m'était impossible de faire. Je parlais encore
lentement et cherchais trop de mots. Le diagnostic fut « intolérance aux benzodiazépines ».
J'ai vécu des périodes difficiles pendant lesquelles je prenais 3 à 6 xanax 0,50 par jour. Ce samedi là un seul et paf paralysée. Il faut un début à tout me direz
vous.
La kamikase que je suis a rapidement fait un test diagnostique. J'ai pris plusieurs xanax et.......rien. Tant mieux mais que s'était-il passé ? Cela n'a fait que
renforcer ma perplexité. Au fil des jours l'anxiété s'est atténuée et a disparu. Serais-je devenue passive, acceptant cette situation? Bien sûr que non!
A ce moment ce fut étrange j'ai eu l'impression de vivre à côté de ma vie. J'ai pris une petite chaise toute de guingois pour regarder un peu ma vie. Quel étrange
tableau! « Avoir envie de », « prendre plaisir à » étaient des notions qui m'étaient devenues étrangères. Déprimée? peut-être. Lasse? surement.
En fait, j'aurais du prendre une chauffeuse avec des coussins douillets car cet état a duré un moment.
Puis sont arrivées les vacances, départ apocalyptique mais je n'y suis pour rien!! Je vous conterai cela prochainement. Ce fut une véritable immersion dans ma
vie, puis ce fut fluctuant je revenais doucement.
Fin des vacances, rentrée scolaire et bilan de mon cancer. Bilan qui joue les prolongations. Et là, plusieurs options je sors mon bon fauteuil et je regarde ou je
me muche sous ma couette entre deux rdv. Dans ces deux cas je subis alors je choisis la troisième option je réintègre pleinement ma vie et j'anticipe, je lutte. La vie est un éternel combat j'en
suis plus que persuadée avec le besoin de souffler parfois. Si cette petite merveille de vie appelée aussi VDM ne me permet pas de souffler je peux baisser les bras. Mais je ne les baisse pas
longtemps. J'ai un caractère bien trempé, je suis une battante, souvent très chiante et je ne compte pas jouer la spectatrice ou l'autruche.
Me voici donc revenue et pfiou ça fait du bien de parler ou plus exactement d'écrire.